Colloque international de Strasbourg

 

 

Apprentissage de l'écrit, diversité des langues, singularité des troubles.

Apprentissage de l'écrit: Diversité des langues, singularité des troubles, tel était le titre du colloque international, réunissant des psycholinguistes, qui s'est tenu à la l'université de Strasbourg début décembre. Ayant eu le privilège d'y assister, je vais essayer de vous faire un petit résumé de ce qui s'y est dit.

 

Des chercheurs venus d'Europe, du Moyen-Orient, d'outre-Atlantique ... et travaillant tous sur l'épineux problème de l'acquisition de l'écrit, sont venus exposer leurs recherches et débattre avec leurs confrères.

 

Il m'est difficile de retranscrire ici dans le détail les multiples études présentées, néanmoins, quelques axes m'ont semblé très intéressants:

 

  • La mise en évidence d'un lien entre l'étendue du lexique ( en clair, la taille du vocabulaire maîtrisé par l'apprenti lecteur) et ses performances en lecture.

 

  • Une étude comparative chez des enfants bilingues tendant à démontrer que s'appuyer sur la syllabe est systématique, même pour ceux dont la langue maternelle est peu "consistante" comme en français (où une syllabe peut varier de 1 à 5 lettres, pour le même son).Cela tendrait à démontrer que nos enfants doivent effectuer des opérations supplémentaires pour lire mais, que la première étape reste la même: associer une consonne à une voyelle. Deux autres chercheurs ont présenté des travaux abondant dans ce sens.

Il semblerait donc logique, lorsqu'on compare les programmes scolaires entre pays, de prendre en compte les difficultés à maitriser l'écrit pour chaque langue. Au lieu de vouloir faire du prêt-à-porter, il faut faire du "sur-mesure". Passer le même volume horaire à apprendre sa langue écrite en France où en Espagne n'a aucun sens, si le résultat qu'on cherche à obtenir, c'est une bonne maîtrise de l'écrit.


  • Plusieurs études portaient sur l'impact des fonctions exécutives lors des tâches de lecture. Quel est l'impact de la mémoire de travail, de la capacité d'inhibition...

Ces axes de recherche sont très importants. Tous les enfants "mauvais lecteurs" ne souffrent pas de problèmes pour associer un son à une ou plusieurs lettres, bien d'autres éléments peuvent venir perturber le processus. Cela implique que tout le travail de préparation à la lecture effectué à l'âge pré-scolaire ne peut être uniquement axé sur l'association entre le son et la lettre mais doit viser à développer autant que possible la mémoire de travail et autres fonctions cognitives.

 

  • Enfin, je vous parlerai d'une étude dont la présentation, drôle et dynamique, (oui, oui, il y a des chercheurs qui ont de l'humour en plus d'avoir du talent) a remporté un franc succès. Cette étude a mis de nouveau en évidence l'importance cruciale de la mémoire de travail dans les performances en lecture.

 

Voilà, un survol très succinct de ces trois journées entièrement dédiées aux difficultés de l'apprentissage de la lecture. Il reste de vastes domaines à explorer, mais peu à peu, les chercheurs identifient les composantes et les mécanismes de la lecture. Plus on comprendra comment cela fonctionne, plus nous serons efficaces pour aider ceux qui ont des difficultés.

 

Très bonne journée!

 

ps: Si vous souhaitez plus de précisions sur les études évoquées ici, n'hésitez pas à me contacter.

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