Mauvais lecteurs :                 mais qu'ont-ils  donc dans la tête ?

30 mn avec un petit bonnet composé d'électrodes sur la tête à 2 ans pour éviter une vie de difficultés à l'écrit.
Des chercheurs de l'université de Chicago ouvrent la voie à un dépistage précoce des troubles du langage écrit.

Vous avez sans doute remarqué que les difficultés à l'écrit sont au centre de multiples débats dans tous les média.

 

Que faire ? Comment ? Avec quels moyens ? Les méthodes qui marchent, celles qui auraient pu marcher... C'est un brouhaha constant.

 

Une nouvelle est pourtant passée, totalement inaperçue. Elle est de celles qui peuvent changer la donne, dans les années à venir, en ce qui concerne les troubles de l'apprentissage de l'écrit.

 

 

Une équipe de chercheurs américaine a mis en évidence un marqueur biologique corrélé  aux difficultés d'apprentissages de l'écrit.

 

De nombreux chercheurs, biologistes, neurologues, psycholinguistes ... s'intéressent depuis longtemps au fonctionnement et donc aux dysfonctionnements du langage, oral et écrit.

Voilà quelques années, des tests avaient montré que les enfants et les adultes souffrant de difficultés d'apprentissage de l'écrit, présentaient quand ils effectuaient certaines tâches, un EEG* perturbé, notamment pendant le codage de la consonne d'une syllabe prononcée dans un environnement bruyant.

 

En d'autres termes, s'ils entendaient une voix enregistrée prononçant une syllabe, dans un environnement bruyant  et qu'on enregistrait l'activité électrique de leur cerveau, les courbes qui étaient enregistrées étaient différentes de celles d'un sujet ne présentant pas de troubles de l'apprentissage de l'écrit.

 

Et alors ? Penseront certains. Et alors ... plus on dépiste tôt dans l'enfance, les problèmes, plus on a de chances de les régler. C'est le miracle de la plasticité cérébrale.

 

 

Mais comment savoir qu'un enfant va avoir des soucis pour apprendre à lire, alors qu'il commence tout juste à parler ?

 

Les chercheurs de l'université de Chicago ont eu l'idée de s'appuyer sur les résultats des tests dont je viens de vous parler pour aller beaucoup plus loin.

Ils ont regroupé les résultats de toutes les études précédentes testant ce phénomène et ils ont  construit un "modèle". Ce que nous appelons "modèle" en recherche, est une construction théorique qui simule un mode de fonctionnement ici du cerveau : "si tout marche bien les courbes obtenues pendant le test devraient être comme ça, et s'il y a un problème on devrait obtenir cela". Je simplifie à l’extrême, bien sûr.

 

Ensuite, ils ont testé le modèle. Pour cela, l'équipe a fait passer des tests  de discrimination de consonnes sous une variante de EEG*, à des enfants d'âge pré-scolaire (113).

 

Les chercheurs ont choisi des enfants ne présentant aucun trouble psychologique, leur audition a été contrôlée, on a même éliminé tous les enfants bilingues, afin d'éviter que les tests soient faussés.

 

Ils ont étudié les courbes obtenues et ont "prédit" quels enfants auraient des problèmes d'apprentissage, et quels seraient leurs scores à plusieurs tests de pré- lecture, qui sont couramment pratiqués aux USA  après l'entrée à l'école.

 

Il ne restait plus qu'à attendre qu'ils grandissent pour vérifier.

 

Les résultats obtenus sont remarquables. Les tests sous EEG pratiqués sur les enfants pré-scolaires, parviennent à prédire à 2 points près, les résultats obtenus 2 et 3 ans plus tard aux tests de pré-lecture.

 

 

Il ne fait aucun doute que les résultats de cette recherche ouvrent la voie à la possibilité d'effectuer un dépistage précoce des troubles de l'apprentissage de l'écrit, et de développer des techniques de remédiation applicables, bien avant que ces difficultés  ne deviennent un handicap.

 


Savoir suffisamment tôt, qu'il y a un problème, en ce qui concerne les troubles du développement est un atout majeur. Espérons que de nombreuses équipes de recherche vont travailler sur cette piste.

 

Vous pouvez lire la publication du Professeur Travis White-Schwoch et de son équipe auquel se réfère cet article, en cliquant sur le lien.

 *électroencéphalogramme.

 

C.A.



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