ça me révolte !!!

 

 

 

Réforme scolaire:

Où va-t-on, là ???

 

Nous sommes tous habitués, depuis 40 ans, à la multiplication des réformes de l'éducation nationale.  Mais là: Trop, c'est trop!

 


 


 

J'ignore qui sont les "experts" qui fabriquent les programmes, mais une chose est sure, leur domaine d'expertise n'est pas "le bon sens".

 

Le constat est partagé par tous: Notre école est de plus en plus inégalitaire.

 

En observant les statistiques, on s'aperçoit que les enfants d'enseignants réussissent leur parcours scolaire bien mieux que ceux de toutes les autres catégories professionnelles. J'ai traité ce point dans un autre article de mon blog. (ici)

On constate aussi, que dans certaines zones particulièrement défavorisées les résultats sont catastrophiques. Et puis, pour la majorité de notre territoire, les établissements scolaires reçoivent une population variée, depuis l'enfant issu d'une immigration récente jusqu'aux fils d'enseignants ou de cadres, et il y a comme toujours, de bons et de moins bons élèves.

 

À partir de là, comment élabore-t-on les solutions?

 

Vous allez penser que je radote, cependant, je persiste et je signe.

Ce qui handicape les enfants qui échouent ce n'est pas la méconnaissance des enjeux du tri sélectif, le classement des énergies selon qu'elles soient renouvelables ou pas, ou la compréhension des phases de la lune (et oui! programme de cours moyen (ici),).

Le problème, c'est une mauvaise maîtrise de notre langue écrite.

 

Cela serait "gentil" de la part des personnes en charge de ce dossier, d'arrêter d'utiliser les programmes de l'éducation nationale à des fins politiques, et de se recentrer un peu sur l'essentiel!

 

Tous nos enfants doivent apprendre à lire, à écrire et  à s'exprimer correctement.

Tous nos enfants doivent avoir un vocabulaire suffisamment étendu pour comprendre ce qu'on leur dit et ce qu'ils lisent.

Tous nos enfants doivent apprendre à étayer leurs raisonnements, à analyser les arguments qu'on leur oppose et à la contrer par une argumentation logique.

La maîtrise de l’arithmétique et de la géométrie est, elle aussi, prioritaire.

 

Évidemment, cela risque d'augmenter, à terme, le nombre de citoyens qui réfléchissent, mais, ceux qui ne réfléchissent pas finissent par se tourner vers des solutions extrêmes, voire extrémistes. Donc, les politiciens à courte vue sont priés d'aller sévir dans d'autres ministères.

 

Langue écrite et mathématiques doivent être enseignées et évaluées de façon rigoureuse. Après, s'il reste du temps, on peut leur parler des phases de la lune, mais la base c'est ça.

 

"Mais comment?", s'insurgeront certains parents d'enfants, eux capables, de lire Proust ou Balzac, si nécessaire: "Vous voulez priver les enfants des couches défavorisées du bonheur de comprendre, pourquoi la lune change de forme dans le ciel?"

Et bien non! je ne veux les priver de rien! Je veux, au contraire, qu'ils aient les clés pour devenir, adultes, l'égal de vos enfants!

 

Une fois l'écrit bien maîtrisé, on peut tout apprendre et très vite!

 

Un autre biais apparait, quand on examine les réformes de ces vingt dernières années:

Apparemment, on s'autorise à penser, dans les milieux autorisés, que nos enfants sont des crétins. Ils seraient incapables d'apprendre ce que des générations ont appris avant eux. Vous ne me croyez pas? Et pourtant, au fil des réformes, on observe la progression suivante:

 

Un élève doit apprendre, par exemple, à conjuguer les verbes.

Il y a vingt ans on apprenait des quantités de verbes, certains même, qu'on ne croisait qu'une fois de temps en temps, et encore...

Ensuite, on s'est recentré sur les plus usuels.

Aujourd'hui, on n'apprend plus que certaines personnes des verbes les plus fréquents et pas, à tous les temps.

 

Donc, on estime que les enfants de 2014 sont plus bêtes, ont moins de mémoire.... que leurs parents.

 

Je vous signale en passant, que cette méthode pédagogique vide le code écrit de sa logique.

 

Pour les parents, c'est la même chose. On les prend pour de mauvais parents qui se désintéressent du sort de leurs enfants.

 

Exemple: On supprime les évaluations par compétence en primaire.

 

Vous connaissez ces liasses que votre enfant vous ramenait en fin de trimestre où vous pouviez lire: A, pour Acquis, ECA, pour en cours d'acquisition, et NA pour non-Acquis, pour chaque savoir ou compétence. Le motif de cette suppression est savoureux: "cela n'étaient utile que, pour les parents qui se donnaient la peine de les lire".

Poussons ce type de raisonnement: Si suffisamment de parents ne s'inquiètent pas d'envoyer leurs enfants à l'école... on envisagera peut-être de la supprimer, après tout, elle n'est utile que pour les parents qui se donnent la peine d'y envoyer leurs enfants.

 

Et je vous parle du primaire, mais le collège est à l'avenant!

 

Les classes bilingues vont être supprimées parce qu'elles seraient élitistes. Mais qu'est-ce que ça veut dire "élitiste"??? 

 

Que seul les meilleurs élèves souhaitent intégrer ces classes?

Que seul les meilleurs élèves sont admis dans ces classes?

 

Dans le premier cas, l'éducation nationale doit proposer une offre pour les meilleurs, comme pour les plus faibles, faute de quoi, les parents opteront pour le système privé.

 

Dans le second cas, la solution n'est pas de supprimer la filière mais, de tout faire en amont pour qu'un maximum d'enfants puissent y avoir accès. Et quand je dis "tout faire" cela ne veut pas dire, baisser le niveau d'exigence de ces filières, mais bien: d'élever le niveau d'exigence en primaire.

 

Bien sûr, les réformes vivent et meurent au fil des élections, et bientôt on en aura une autre... Seulement voilà, pendant ce temps là, nos enfants sont en classe, apprennent ou n'apprennent pas... et au bout du compte:

 

Ce sont nos enfants qui vont payer les pots cassés... et ça me révolte !!


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Commentaires : 1
  • #1

    Charlotte (mardi, 15 septembre 2015 14:03)

    Bonjour,
    Quel choc quand je lis "cela n'étaient utile que, pour les parents qui se donnaient la peine de les lire". Donc la solution proposée est de supprimer plutôt que de trouver des solutions sur la cause? Nous marchons sur la tête. Quelles sont ces réformes qui font baissées le niveau en supprimant les choses au lieu de travailler sur les causes?
    Quand demanderont-on l'avis aux personnes qui vivent les choses au quotidien?
    Bref, je suis aussi choquée.
    Belle journée
    Charlotte